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01 Mar 26

Famille Hammerlin : Protection des tortues marines au Costa Rica

❝ Nous avons participé en août 2025 à la mission au Costa Rica de protection des tortues marines. Nous étions en famille (5 personnes : les parents Fanny et Yannick, Éloi, 21 ans, Gabriel, 18 ans, et Anatole, 15 ans). C’était la première fois que nous réalisions un voyage de ce type.

Une première mission d’une semaine dans le sud du Costa Rica, sur la péninsule d’Osa, entourée par l’océan Pacifique à l’ouest et le golfe Dulce à l’est, puis une deuxième mission dans le nord du pays, à Pacuare, juste en dessous du célèbre parc de Tortuguero. Et entre ces deux semaines de mission, nous avons fait, seuls, une semaine de tourisme.

Ce voyage a constitué une expérience formidable, très enrichissante et instructive, que nous recommandons très fortement !

Les deux missions étaient vraiment très différentes.

À Osa, nous menions une vie très régulière : nous nous levions à 6 h / 6 h 30 ; petit-déjeuner à 7 h et début des activités à 8 h : plantation de mangroves et sorties en mer pour pêcher les tortues et leur apporter les soins nécessaires. Nous étions encadrés par de jeunes volontaires aux formations initiales variées (biologistes, ingénieurs, vétérinaires, etc.), venant de différents pays.

  • Plantation de mangroves : nos activités consistaient, sur la plage, à mettre en pot les graines ou les plants de palétuviers, puis à les planter dans la mangrove afin de tenter de sauvegarder cet écosystème indispensable, car il est une zone de refuge et de reproduction pour de nombreuses espèces animales et joue un rôle essentiel contre l’érosion du littoral. Nous travaillions tous ensemble de 8 h à 12 h, puis pause déjeuner et reprise à 14 h.

À 16 h / 17 h, nous terminions la journée et profitions du temps libre pour nous baigner dans le golfe.

Dîner à 19 h, et nous nous couchions très tôt, comme les locaux, vers 20 h / 21 h.

  • Sorties en mer : notre activité (la préférée !) consistait à partir en bateau à la journée pour jeter l’ancre au large ou près des mangroves afin d’installer les filets permettant d’attraper les tortues qui y passeraient. Quand une tortue se prenait dedans (patience !!), il fallait l’en retirer et la hisser sur le bateau afin de procéder aux soins (retrait des parasites incrustés sur sa carapace), aux relevés des données la concernant (détermination du sexe, si définissable, poids, dimensions), puis à l’installation d’un tracker sur l’une des pattes pour permettre son suivi GPS, observer son évolution dans le temps et comparer les données le jour où elle se fait à nouveau attraper. Sur la semaine, nous avons fait trois sorties en mer : lors de la première, une seule tortue avait été attrapée, et sur les deux autres, entre cinq et dix tortues. S’occuper d’une tortue peut facilement durer une heure (ce qui est le plus long, c’est de réussir à la démêler du filet !).

Outre les tortues, ces sorties en mer ont été l’occasion de voir des baleines, des raies manta, des dauphins… et de se baigner toute la journée (attention cependant aux crocodiles pouvant être présents dans les mangroves, surtout à l’embouchure des rivières !). Durant notre présence, un seul crocodile a été vu dans le golfe, au bord de l’eau. Nous ne l’avons pas vu, mais ce sont les locaux qui nous en ont informés.

À Pacuare, la mission était tout aussi intéressante, mais très différente et plus fatigante, car les nuits étaient irrégulières.

À l’inverse d’Osa, où nous logions chez l’habitant, à Pacuare nous séjournions dans le camp de l’association, accessible uniquement via la rivière Pacuare (magnifique, pleine de charme, ambiance bucolique !). Région pauvre, à faible densité de population, dont les habitants vivaient de manière très simple. Le camp était installé entre la plage de la mer des Caraïbes, bordée par la forêt tropicale, et la rivière (à crocodiles potentiellement aussi, mais nous n’en avons pas vu ici !). En famille, nous occupions un petit bungalow doté de lits superposés et d’une petite salle de douche.

La baignade était interdite du fait d’importants courants dangereux.

Nos activités, prévues selon un planning précis affiché dans la salle des repas, consistaient durant cette semaine à :

  • Surveiller jour et nuit l’écloserie (par roulement de 3 h la journée et de 6 h la nuit), où se trouvaient les nids reconstitués dans lesquels étaient mis les œufs de tortues récupérés lors des patrouilles nocturnes ; les œufs pouvaient éclore à tout moment selon leur date approximative de terme. Qu’est-ce qu’on a pu rire quand Yannick, de garde à ce moment-là, en train de lire assis dans le sable, s’est soudain rendu compte qu’il avait sur le pied un bébé tortue, avant de les voir tous ensuite sortir du nid autour de lui ! Heureusement, par chance, le hasard a fait que le reste de la famille, en temps libre à cet instant, a pu vite le rejoindre pour prendre les mesures d’un petit échantillon de bébés, les peser et les placer dans une bassine en attendant leur mise à l’eau. À chaque naissance ainsi, tous les volontaires étaient appelés pour participer à la mise à l’eau des bébés sur la plage. Ceux-ci étaient lâchés sur la plage à au moins 5 m du bord de l’eau afin de leur laisser le temps, chacun (sans aucune intervention de notre part, ce qui est très important à respecter), de se repérer en fonction du champ magnétique de la plage et de trouver la mer, pour ensuite se laisser aspirer par les vagues et commencer leur vie solitaire de tortue marine. Très émouvant ! La présence des volontaires sur place dissuadait les oiseaux de venir les prendre pour les manger, permettant à tous les bébés de parvenir jusqu’à l’eau. Sinon, à l’état naturel, très peu y réussissent. Dans un nid, on a pu compter entre 50 et 140 œufs. Après la naissance, il fallait nettoyer le nid pour le laisser libre et pouvoir recueillir d’autres œufs. Avec l’aide de l’étudiant biologiste, il a fallu enlever les coquilles, ouvrir les œufs qui n’avaient pas éclos quand ils semblaient ne plus évoluer (dure tâche peu évidente, car souvent en état de putréfaction, d’où une très forte odeur !) afin de déterminer le stade d’arrêt de la gestation. Toutes les informations étaient bien notées. Tout était à nouveau enseveli dans le sable sur la plage, car très riche en minéraux.
  • Partir en patrouille tous les soirs, par groupes de 3 à 5 volontaires + un encadrant, pour parcourir les 5 km de plages du littoral de toute la zone d’intervention de l’association (5 km aller, 5 km retour). La première équipe partait à 18 h 30 et la dernière à minuit / 1 h du matin. Il fallait compter 3 ou 4 h de marche dans le sable si l’on ne trouvait pas de tortues, et bien plus si l’on avait la chance d’assister à toute la ponte + ramassage des œufs. On marchait avec une simple lampe frontale à lumière rouge pour ne pas effrayer les tortues que l’on était amené à croiser. Il s’agissait de trouver les tortues avant les braconniers, qui étaient aussi chaque soir en quête de tortues, intéressés, selon l’espèce, par sa chair, sa carapace et ses œufs. En tant que volontaire, vous vous dites qu’il s’agit de voir les tortues avant les braconniers pour leur sauver la vie ! Vis-à-vis de la conduite à tenir face aux braconniers, la règle formelle était « chacun sa tortue », c’est-à-dire que nous ne devions pas intervenir pour tenter de sauver la tortue dans le cas où des braconniers la trouvaient avant nous (même si, évidemment, on la savait condamnée) et, inversement, les braconniers nous laissaient quand on en avait une (et là, d’un coup, on se sent utile !!). On a pu ainsi, durant la semaine, assister pleinement à tout le processus de ponte impressionnant d’une tortue trouvée à 1 h du matin : recherche par la tortue de l’emplacement de son nid, creusement du nid, ponte des très nombreux œufs, ensevelissement du nid, retour à la mer ; tout cela sous notre protection. Puis, après le départ de la tortue, il fallait rouvrir le nid, prendre précautionneusement les œufs et les transporter jusqu’à l’écloserie, où celui de garde prenait le relais pour reconstituer un nid (nous avions appris à les creuser au début du séjour sur la plage) et le marquer (date et nom des volontaires qui les avaient trouvés). La durée de gestation est d’environ 70 jours. Donc ceux que nous avons prélevés en août ont dû naître mi-octobre (on y a pensé !). Expérience magique, extraordinaire !
  • Beach cleaning que nous avons fait une fois, sous une pluie tropicale impressionnante. Nous étions une dizaine, chacun avec un très grand sac en toile ; en une demi-heure, nos sacs étaient pleins de déchets en tout genre… beaucoup de plastique ! Et pourtant, on était sur un tout petit territoire, au milieu de nulle part !! Cela fait vraiment prendre conscience du problème de nos déchets. Après le ramassage, on a fait un grand tas de tous ces déchets pour les trier avant qu’ils soient emportés par bateau pour être traités.

Au final, et en prenant du recul, voici, pour chacun d’entre nous, le moment qui nous a personnellement le plus marqué durant notre séjour :

• Apercevoir les baleines qui émergeaient de la surface de l’eau pour respirer (Anatole),
• La naissance des bébés tortues dans l’écloserie (Yannick),
• La présence des braconniers qui s’affairaient autour d’une tortue qui a eu la malchance de sortir de l’eau pour pondre au mauvais moment (Fanny),
• La nuit en binôme, assis sur une chaise ou allongé dans le sable, pour surveiller l’écloserie (Éloi),
• Le mode de vie des habitants et leur environnement de vie, complètement différents des nôtres (Gabriel),
• Les cris des singes hurleurs le matin, très tôt au réveil (nous tous),
• Le lâcher des bébés tortues (nous tous).

Voilà un témoignage de notre merveilleux séjour en famille, fait de nombreuses découvertes, de nombreux apprentissages, de nombreuses surprises et de jolies rencontres. Nous renouvellerons l’expérience… certainement ! ❞

                   

                  

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